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Réflexions AFSSPAS sur les Répulsifs


Questions-réponses Dengue/ Guyane

Questions-réponses : Répulsifs

 

 

Qu’est-ce qu'un répulsif cutané (ou corporel) ?

 

Les répulsifs cutanés contiennent une substance active qui éloigne les insectes sans toutefois les tuer. Ils sont appliqués sur toutes les parties découvertes du corps, visage compris, ainsi que sur les parties pouvant se trouver découvertes à l'occasion de mouvements. La durée de la protection varie de 6 à 12 heures : elle dépend de la concentration du produit et de la température extérieure. Les produits seront renouvelés plus fréquemment en fonction de la transpiration ou des bains et des douches. L’utilisation de crèmes solaires (antiUV) diminue l’efficacité de protection des répulsifs et réciproquement.

 

Dans le cadre de la réglementation des biocides, et selon le programme de travail prévu par le règlement européen, les produits répulsifs ne seront soumis à une procédure d'évaluation en vue de l’obtention d’une AMM, – Autorisation de Mise sur la Marché - qu’à partir de fin 2008. C'est pourquoi, à l’heure actuelle, les recommandations peuvent varier d'un pays à l'autre. De ce fait, il n'existe que peu d'études sur la toxicité d'associations de plusieurs substances actives ou d'interactions entre les substances actives et les excipients. De même l'impact de leur utilisation à long terme n'a pas fait l'objet d'évaluation systématique. De façon générale, il est connu que les huiles essentielles utilisées seules ont un pouvoir répulsif plus faible que les produits de synthèse. Leur rémanence est également plus faible et elles peuvent être à l'origine d'une sensibilisation allergique ou d'une photosensibilisation.

 

Les répulsifs cutanés peuvent être toxiques s'ils sont ingérés. Il faut éviter tout contact avec les muqueuses buccales ou oculaires. Des précautions d’emploi sont à respecter notamment chez l’enfant, la femme enceinte et la femme allaitante (qui doivent appliquer scrupuleusement les mesures de protection contre les piqûres de moustiques, et veiller à ne pas dépasser la dose de répulsif recommandée et à suivre strictement les indications du fabricant). En cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil auprès d'un médecin ou d'un pharmacien.

 

Qu’est-ce que le citriodiol, le DEET, l’IR 3535, le KBR ?

 

Les noms de citriodiol, DEET, IR 3535, KBR apparaissent dans le tableau du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) mais pourtant ils ne vous sont pas familiers. Il s’agit des noms des substances actives présentes dans les répulsifs cutanés dont vous connaissez généralement le nom commercial. Les noms commerciaux des produits, tels que vous les trouvez en magasin, figurent dans la 4ème colonne du tableau du BEH (Tableau 3 - Produits répulsifs bénéficiant d’un avis favorable du groupe d’experts de l’Afssaps). Vous retrouvez généralement le nom de la substance active qu’ils contiennent sur l’emballage et/ou la notice.

Selon les produits, les substances actives sont présentes à différentes concentrations. Elles sont en particulier moins élevées pour produits destinés les enfants et les femmes enceintes.

La composition des produits pouvant être changée par le fabricant tout en gardant le même nom commercial, il est recommandé de lire la composition sur l’étiquetage.

 

Comment les premières recommandations publiées dans le BEH avaient-elles été faites ?

 

Les premières recommandations qui avaient été publiées dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) spécial Chikungunya du 31 janvier 2006 et sur le site du Ministère, avaient été élaborées par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et le Comité des Maladies liées aux Voyages et des maladies d’Importation (groupe de travail permanent du Conseil Supérieur d'Hygiène publique de France) sur la base des connaissances scientifiques du moment et des publications existantes.

 

Pourquoi ces recommandations ont-elles évolué ?

 

La Direction Générale de la Santé a demandé à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) d'évaluer les produits répulsifs corporels existant sur le marché en vue de pouvoir retenir les produits les mieux adaptés dans le cadre de l'épidémie de Chikungunya. L'AFSSAPS a alors demandé leurs dossiers techniques aux fabricants. Un groupe de travail de l'Afssaps s'est donc réuni à plusieurs reprises pour évaluer l'efficacité et la tolérance de substances et produits biocides dans le contexte de l'épidémie de Chikungunya qui sévit à la Réunion et à Mayotte, contexte susceptible d'entraîner un emploi intensif de répulsifs corporels.

Les conclusions de ce groupe de travail ont conduit à proposer de nouvelles recommandations, basées sur l’analyse des dossiers fournis par les fabricants. Ces conclusions ont fait l’objet d’un débat au Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France du 19 mai 2006. De nouvelles recommandations ont été adoptées et publiées le 13 juin 2006 dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire consacré aux conseils aux voyageurs.

Comme cela était le cas pour les premières recommandations, il s’agit de recommandations "positives" qui visent à faire préférer telle ou telle substance active répulsive (en donnant des exemples de formulation commerciale dans une liste non exhaustive) en fonction de la population qui doit l’utiliser. Ces recommandations pourront évoluer dans les mois à venir pour inclure d’autres produits dont l’évaluation est encore en cours ou prochaine.

 

Pourquoi le citriodiol n'est-il plus recommandé aux très jeunes enfants avant 30 mois ?

 

Le citriodiol, dont la substance active dérive d'un extrait d’huile essentielle d’eucalyptus, apparaissait dans le tableau IRD de janvier 2006 pour une utilisation à partir de 3 mois.

La recommandation de l'Afssaps de ne plus l'utiliser avant 30 mois résulte de l’analogie de structure de cette molécule avec les terpènes connus pour leur neurotoxicité chez le jeune enfant. Depuis 1996, la commission d’Autorisation de Mise sur le Marché de l’Afssaps contre-indique les produits à base de terpènes y compris sous forme de topiques* chez les moins de 30 mois en raison de la possibilité de diminution du seuil épileptogène (convulsions) chez le jeune enfant (effet toutefois exceptionnel et dépendant de la dose administrée).

* topique : se dit d’un médicament qui agit à l’endroit où il est appliqué

 

Pourquoi le citriodiol n'est-il plus recommandé chez les femmes enceintes?

 

L’absence de données suffisantes de toxicité pour la reproduction chez l’animal et d’études chez la femme enceinte justifie de ne pas préconiser l’emploi de produits contenant du citriodiol chez la femme au cours de la grossesse.

 

Que faire en cas d’une utilisation du citriodiol chez un enfant avant 30 mois ?

 

Le citriodiol peut provoquer une éventuelle toxicité aiguë, ce qui signifie que le risque ne persiste pas les jours suivants la dernière application.

Vous avez utilisé du citrodiol chez votre enfant et il n’a pas présenté de convulsions : il n’y a pas de risque

Vous avez utilisé du citrodiol chez votre enfant et il a présenté des convulsions : signalez le à votre médecin.

 

Pourquoi la substance active KBR n'apparaît-elle plus sur la liste ?

 

Le KBR 3023 (Icaridine) vendu sous le nom Insect-Ecran spécial Tropiques n’apparaît plus dans le tableau des recommandations de l’Afssaps car le dossier de ce produit, incomplet, ne permettait pas d’en réaliser une évaluation.

Il est donc actuellement classé parmi les produits ayant la mention « sursis à statuer » mais des compléments sont attendus très prochainement ce qui permettrait de revoir l’avis donné à ce stade.

 

Pourquoi a-t-on recommandé l'IR3535 chez les femmes enceintes ?

 

Ce produit a été préféré à tout autre en raison de son meilleur profil en termes d’innocuité dans cette catégorie de population.

Les autres répulsifs ont été écartés par précaution car ne disposant pas d’études spécifiques chez la femme enceinte (excepté le DEET qui a fait l’objet d’une étude chez la femme enceinte aux cours des 2ème et 3ème trimestres de grossesse).

 

Pourquoi le DEET apparaît-il désormais comme recommandé pour les jeunes enfants dans le BEH du 13 juin2006 ?

 

Le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France a considéré que devant le risque de contracter une maladie grave, que ce soit dans un contexte épidémique ou pour un séjour de courte durée, aucun moyen de protection vis à vis des piqûres de moustiques ne doit être négligé pour les enfants de moins de 30 mois et que l'utilisation des répulsifs cutanés ne peut être totalement exclue.. Or le risque d'être atteint de Chikungunya, de dengue, ou de paludisme existe à cet âge où ces maladies peuvent être graves (notamment le paludisme pernicieux chez le jeune enfant).

Les risques et les bénéfices attendus doivent être évalués, en prenant en compte la tolérance et l’observance pour chaque moyen de protection (vêtements imprégnés, moustiquaires) qui ne pourront être que partielles pour des nourrissons ou de jeunes enfants de moins de 30 mois. Le CSPHF considère qu'à l'instar des recommandations émises aux USA par les "Centers for diseases control and prevention", des produits à base de DEET (diéthyltoluamide) peuvent être utilisés (sauf si antécédents de convulsions)  dès l'âge de 2 mois, à condition de ne pas dépasser certaines concentrations (30%) et de respecter les contre-indications et les précautions d'emploi.

Malgré une large utilisation de produits à base de DEET (qui sont utilisés régulièrement par environ 1/4 des enfants américains) les effets indésirables graves qui ont été rapportés sont rares. L'étude de ces effets, soit n’a pu établir un lien de causalité avec l'utilisation du produit, soit a mis en évidence qu'il résultait d'un mésusage.

 

Existe-t-il un système de vigilance pour les répulsifs corporels ?

 

Les répulsifs ne sont ni des médicaments ni des produits cosmétiques, et ne relèvent donc pas du système de pharmacovigilance ou de cosmétovigilance en place sur tout le territoire. Toutefois à la demande de la Direction Générale de la Santé, début avril, un système de surveillance active des effets indésirables éventuels consécutifs à l'utilisation de répulsifs corporels (utilisant une fiche de signalement spécifique), a été mis en place par l'AFSSAPS à la Réunion et à Mayotte via les Conseils de l'Ordre des médecins et des pharmaciens. Les déclarations doivent remonter au Centre Régional de Pharmacovigilance de Bordeaux. Une seule déclaration a été faite à la date du 13 juin 2006 relative à un effet cutané à type de sensation de brûlure..

 

Quels sont les moyens de protection individuelle contre les piqûres de moustiques, autres que les répulsifs cutanés?

 

Porter des vêtements longs et protéger les pieds et chevilles est une mesure très efficace pour réduire l'exposition aux piqûres. L’imprégnation des vêtements par des insecticides à base de pyréthrinoïdes ou des répulsifs la renforce.
Les répulsifs absorbés dans les fibres des tissus s’évaporent très lentement, augmentant ainsi la rémanence, et confèrent une protection à plus long terme. Ceci offre des avantages en termes de persistance, de coût et de sécurité d’emploi (contact avec la peau fortement réduit par rapport à une application cutanée).

 

Pour les nouveau-nés et nourrissons avant trois mois les produits répulsifs ne doivent pas être utilisés. L’emploi de moustiquaires de berceau, si possible imprégnées d’insecticides pyréthrinoïdes (perméthrine, deltaméthrine), est le seul moyen de protection efficace. Ces produits sont d’une grande sécurité d’emploi et de longue durée d’action. Certaines moustiquaires du commerce vendues déjà imprégnées ont des mailles larges et ainsi permettent une meilleure ventilation tout en garantissant la protection contre les moustiques du fait du traitement insecticide.

 

Que se passe-t-il si j’utilise des répulsifs cutanés qui ne figurent pas sur la liste mais qui sont largement diffusés dans les pharmacies et grandes surfaces ?

 

Dans ce cas, vous devez savoir que vous utilisez des répulsifs cutanés qui n’ont pas été évalués en France ou qui n’ont pas montré leur efficacité ou qui pourraient présenter des risques de réactions de type allergique ou autre.

 




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