Réflexions AFSSPAS sur les RépulsifsQuestions-réponses :
Répulsifs
Qu’est-ce
qu'un répulsif cutané (ou corporel) ?
Les répulsifs cutanés contiennent une
substance active qui éloigne les insectes sans toutefois les tuer. Ils sont
appliqués sur toutes les parties découvertes du corps, visage compris, ainsi
que sur les parties pouvant se trouver découvertes à l'occasion de mouvements.
La durée de la protection varie de 6 à 12 heures : elle dépend de la
concentration du produit et de la température extérieure. Les produits seront
renouvelés plus fréquemment en fonction de la transpiration ou des bains et des
douches. L’utilisation de crèmes solaires (antiUV)
diminue l’efficacité de protection des répulsifs et réciproquement.
Dans
le cadre de la réglementation des biocides, et selon le programme de travail
prévu par le règlement européen, les produits répulsifs ne seront soumis à une
procédure d'évaluation en vue de l’obtention d’une AMM, – Autorisation de Mise
sur la Marché - qu’à partir de fin
Les
répulsifs cutanés peuvent être toxiques s'ils sont ingérés. Il faut éviter tout
contact avec les muqueuses buccales ou oculaires. Des précautions d’emploi sont
à respecter notamment chez l’enfant, la femme enceinte et la femme allaitante
(qui doivent appliquer scrupuleusement les mesures de protection contre les
piqûres de moustiques, et veiller à ne pas dépasser la dose de répulsif
recommandée et à suivre strictement les indications du fabricant). En cas de
doute, n’hésitez pas à demander conseil auprès d'un médecin ou d'un pharmacien.
Qu’est-ce
que le citriodiol, le DEET, l’IR 3535, le KBR ?
Les
noms de citriodiol, DEET, IR 3535, KBR apparaissent dans le tableau du Bulletin
Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) mais pourtant ils ne vous sont pas
familiers. Il s’agit des noms des substances actives présentes dans les
répulsifs cutanés dont vous connaissez généralement le nom commercial. Les noms
commerciaux des produits, tels que vous les trouvez en magasin, figurent dans
la 4ème colonne du tableau du BEH (Tableau 3 - Produits répulsifs
bénéficiant d’un avis favorable du groupe d’experts de l’Afssaps). Vous
retrouvez généralement le nom de la substance active qu’ils contiennent sur
l’emballage et/ou la notice.
Selon
les produits, les substances actives sont présentes à différentes
concentrations. Elles sont en particulier moins élevées pour produits destinés
les enfants et les femmes enceintes.
La
composition des produits pouvant être changée par le fabricant tout en gardant
le même nom commercial, il est recommandé de lire la composition sur
l’étiquetage.
Comment les premières recommandations publiées dans le BEH avaient-elles
été faites ?
Les
premières recommandations qui avaient été publiées dans le Bulletin
Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) spécial Chikungunya du 31 janvier 2006 et
sur le site du Ministère, avaient été élaborées par l’Institut de Recherche
pour le Développement (IRD) et le Comité des Maladies liées aux Voyages et des
maladies d’Importation (groupe de travail permanent du Conseil Supérieur d'Hygiène
publique de France) sur la base des connaissances scientifiques du moment et
des publications existantes.
Pourquoi
ces recommandations ont-elles évolué ?
Les
conclusions de ce groupe de travail ont conduit à proposer de nouvelles
recommandations, basées sur l’analyse des dossiers fournis par les fabricants.
Ces conclusions ont fait l’objet d’un débat au Conseil Supérieur d’Hygiène
Publique de France du 19
Comme
cela était le cas pour les premières recommandations, il s’agit de
recommandations "positives" qui visent à faire préférer telle ou
telle substance active répulsive (en donnant des exemples de formulation
commerciale dans une liste non exhaustive) en fonction de la population qui doit
l’utiliser. Ces recommandations pourront évoluer dans les mois à venir pour
inclure d’autres produits dont l’évaluation est encore en cours ou prochaine.
Pourquoi le citriodiol n'est-il plus recommandé aux très jeunes enfants
avant 30 mois ?
Le
citriodiol, dont la substance active dérive d'un extrait d’huile essentielle
d’eucalyptus, apparaissait dans le tableau IRD de janvier 2006 pour une
utilisation à partir de 3 mois.
La
recommandation de l'Afssaps de ne plus l'utiliser avant 30 mois résulte de l’analogie de structure de cette
molécule avec les terpènes connus pour leur neurotoxicité chez le jeune
enfant. Depuis 1996, la commission d’Autorisation de Mise sur le Marché
de l’Afssaps contre-indique les produits à base de terpènes y compris sous
forme de topiques* chez les moins de 30 mois en raison de la possibilité de
diminution du seuil épileptogène (convulsions) chez le jeune enfant (effet
toutefois exceptionnel et dépendant de la dose administrée).
* topique :
se dit d’un médicament qui agit à l’endroit où il est appliqué
Pourquoi
le citriodiol n'est-il plus recommandé chez les femmes enceintes?
L’absence de données suffisantes de toxicité pour la
reproduction chez l’animal et d’études chez la femme enceinte justifie de ne
pas préconiser l’emploi de produits contenant du citriodiol chez la femme au
cours de la grossesse.
Que faire
en cas d’une utilisation du citriodiol chez un enfant avant 30 mois ?
Le
citriodiol peut provoquer une éventuelle toxicité aiguë, ce qui signifie que le
risque ne persiste pas les jours suivants la dernière application.
Vous
avez utilisé du citrodiol chez votre enfant et il n’a pas présenté de
convulsions : il n’y a pas de risque
Vous
avez utilisé du citrodiol chez votre enfant et il a présenté des
convulsions : signalez le à votre médecin.
Pourquoi
la substance active KBR n'apparaît-elle
plus sur la liste ?
Le
KBR 3023 (Icaridine) vendu sous le nom Insect-Ecran spécial Tropiques n’apparaît
plus dans le tableau des recommandations de l’Afssaps car le dossier de ce
produit, incomplet, ne permettait pas d’en réaliser une évaluation.
Il
est donc actuellement classé parmi les produits ayant la mention « sursis
à statuer » mais des compléments sont attendus très prochainement ce qui
permettrait de revoir l’avis donné à ce stade.
Pourquoi
a-t-on recommandé l'IR3535 chez les femmes enceintes ?
Ce
produit a été préféré à tout autre en raison de son meilleur profil en termes
d’innocuité dans cette catégorie de population.
Les
autres répulsifs ont été écartés par précaution car ne disposant pas d’études
spécifiques chez la femme enceinte (excepté le DEET qui a fait l’objet d’une
étude chez la femme enceinte aux cours des 2ème et 3ème
trimestres de grossesse).
Pourquoi le DEET
apparaît-il désormais comme recommandé pour les jeunes enfants dans le BEH
du 13 juin2006 ?
Le Conseil
Supérieur d’Hygiène Publique de France a considéré que devant le risque de contracter une maladie grave, que ce
soit dans un contexte épidémique ou pour un séjour de courte durée, aucun moyen
de protection vis à vis des piqûres de moustiques ne doit être négligé pour les
enfants de moins de 30 mois et que l'utilisation des répulsifs cutanés ne
peut être totalement exclue.. Or le risque d'être atteint de Chikungunya, de
dengue, ou de paludisme existe à cet âge où ces maladies peuvent être graves
(notamment le paludisme pernicieux chez le jeune enfant).
Les risques et les bénéfices attendus doivent être
évalués, en prenant en compte la tolérance et l’observance pour chaque moyen de
protection (vêtements imprégnés, moustiquaires) qui ne pourront être que partielles
pour des nourrissons ou de jeunes enfants de moins de 30 mois. Le CSPHF
considère qu'à l'instar des recommandations émises aux USA par les
"Centers for diseases control and prevention", des produits à base de
DEET
(diéthyltoluamide) peuvent être utilisés (sauf si antécédents de
convulsions) dès l'âge de 2 mois, à condition de
ne pas dépasser certaines concentrations (30%) et de respecter les
contre-indications et les précautions d'emploi.
Malgré une large utilisation de produits à base de DEET
(qui sont utilisés régulièrement par environ 1/4 des enfants américains)
les effets indésirables graves qui ont été rapportés sont rares. L'étude de ces
effets, soit n’a pu établir un lien de causalité avec l'utilisation du produit,
soit a mis en évidence qu'il résultait d'un mésusage.
Existe-t-il un système de vigilance pour les répulsifs corporels ?
Les répulsifs ne sont ni des médicaments ni des produits
cosmétiques, et ne relèvent donc pas du système de pharmacovigilance ou de
cosmétovigilance en place sur tout le
territoire. Toutefois à la demande de
Quels sont les moyens de protection
individuelle contre les piqûres de moustiques, autres que les répulsifs
cutanés?
Porter des vêtements longs
et protéger les pieds et chevilles est une mesure très efficace pour réduire
l'exposition aux piqûres. L’imprégnation
des vêtements par des insecticides à base de pyréthrinoïdes ou des
répulsifs la renforce.
Pour les nouveau-nés
et nourrissons avant trois mois les produits répulsifs ne doivent pas être
utilisés. L’emploi de moustiquaires
de berceau, si possible imprégnées d’insecticides pyréthrinoïdes (perméthrine,
deltaméthrine), est le seul moyen de protection efficace. Ces produits sont
d’une grande sécurité d’emploi et de longue durée d’action. Certaines
moustiquaires du commerce vendues déjà imprégnées ont des mailles larges et
ainsi permettent une meilleure ventilation tout en garantissant la protection
contre les moustiques du fait du traitement insecticide.
Que se passe-t-il si j’utilise des répulsifs cutanés qui ne figurent pas
sur la liste mais qui sont largement diffusés dans les pharmacies et grandes
surfaces ?
Dans ce cas, vous
devez savoir que vous utilisez des répulsifs cutanés qui n’ont pas été évalués
en France ou qui n’ont pas montré leur efficacité ou qui pourraient présenter
des risques de réactions de type allergique ou autre.
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